Comme un lundi

Lundi 9 mars 2009

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Ca y est! I‘m back on my feet and ready to chroniquer à tout va! Mutée à l‘information et aux prospectus, je vous livre le best-of des visiteurs du jour:

-L‘enfant: „vous avez des posters?“ ce à quoi toutes les filles attendries répondent „non, mais on a des bonbons pour toi!“ en lui fourrant dans la main les gummibärchen de la marque. Petite remarque anthropologique: c‘est surprenant à quel point l‘adulte change de comportement lorsqu‘on étale discrètement quelques bonbons sur un coin du desk. L‘oeil scrutant le votre, il prend une toute petite voix et vous demandera s‘il peut vous en „piquer“ quelques uns. Comme un enfant puni qui n‘aurait pas vraiment le droit de, mais qui essaie quand même.

-Le xénophobe: il commence par parler du meurtre de la jeune fille de 16 ans tuée par balle il y a quelques jours, avant d‘embrayer sur l‘arme militaire à la maison puis bifurque sur une considération bien arrêtée „n‘empêche, ce sont les étrangers qui posent problème avec les armes, pas les suisses. Les étrangers tirent beaucoup plus facilement sur les gens, et…“ j‘interromps le discours aux relents UDC avec un „je vous mets un prospectus dans le sac, au revoir merci!“

-L‘agressif: le prospectus qu‘il recherche n‘est pas disponible à notre stand, quand bien même un des vendeurs de la marque le lui avait dit: „il faut vous mettre d‘accord, c‘est intolérable! Vous vous moquez du monde, regardez-moi, c‘est à vous que je parle! C‘est une honte, vous êtes incapable!“ Après ces gentillesses, le gentleman me jette le prospectus de rechange que j‘avais voulu lui donner au visage. Un pur bonheur.

-Le lourd: fin de journée, tout le monde est crevé, il me lance un „ciao bella!“ comme il aurait lancé un „ave César“ en territoire conquis. Je lui rend un „bonjour“ sérieux au sourire absent. Le lourd n‘a pas l‘habitude qu‘une femme ne se s‘esclaffe pas d‘un rire de poule après sa sortie, c‘est pourquoi, préoccupé, il me répète „j‘ai dit: ciao bella“, ce qui lui vaut un „et moi j‘ai dit : bonjour. Vous avez besoin de quelque chose ou je peux continuer à travailler?“

Bref, journée de reprise plutôt difficile, avec en prime des lèvres gercées au point qu‘on en dirait un calendrier de l‘avent (avec une multitude de petites fenêtres de peau badigeonnées de rouge) et un moral du même ressort (sans calendrier de l‘avent, mais avec un compte à rebours précis dans la tête: plus que 6…).

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