Journées de presse au Salon: premières impressions

- 5 heure du matin, les oiseaux chantent (on se demande pourquoi, vu qu‘il fait encore nuit: aucun coq genevois n‘a décemment pu donner le la si tôt, que je sache) et annoncent une journée bien chargée. Après une heure de bus, je me retrouve à Palexpo avec une foule de personnel qui se presse à l‘entrée. Je rejoins mon équipe sur le stand après la pose finale du rouge à lèvres (déconseillé dans le bus du matin, sous peine de passer pour une péripathéticienne rentrant chez elle après une nuit de travail).
- A 7h30 on a le privilège d‘accueillir une nuée de journalistes déposant valises, saccoches et manteaux à la garderobe. Gros champ de bataille dans les vestiaires.
- On apprécie les pauses, où nous pouvons nous asseoir dans un lieu réservé aux hôtesses, allonger nos jambes pour faire revenir le sang (fort en caféine) sous la partie supérieure du collant spécial maintien. Comme les jours de presse se font en talons pour notre marque, on s‘étire les orteils dès que possible.
- On parle allemand et suisse-allemand la plupart du temps. L‘anglais est la seconde langue la plus employée, vient ensuite le français puis l‘italien.
- On rafraîchit ses langues à défaut de son visage (qui est bien camouflé sous sa couche de fond de teint et de „smoky eye“).
- On se chope parfois la honte, quand, par empathie gonflée de bonne volonté, on demande à ce monsieur près du stand s‘il a aimé le show de présentation (où on était postée à côté d‘une porte loin de toute vision de la chose) et qu‘il nous répond que oui, „d‘ailleurs je l‘ai présenté“.
- On se remonte le moral et les collants dans les vestiaires entre filles, pour mieux faire descendre la pression et la verveine du midi.
- Et enfin, quand la journée est finie, on prend le bus en sens inverse pendant une heure, en baskets de jogging avec l‘uniforme, l‘oeil torve, le sourcil tombant, des résidus de rouge coincés dans les gercures de lèvres. Et là, au dernier arrêt de bus, lorgnant notre maquillage défraîchi avec convoîtise tel le bouledog son os à moelle, un mâle moyen viendra adresser à notre badge (collé niveau poitrine) un „salut, ça te dit d‘aller boire un verre?“. Une vraie fin de journée comme on les aime, quoi. Du grand, du gros, du lourd…
