Pourquoi un mémoire sur Rousseau?

Mardi 8 mai 2012

Qu’on se le dise, un mémoire de master n’est pas une tranche de gâteau au choc, dégustée les pieds dans l’herbe grasse du parc des Bastions, bière à la main et pâquerette derrière l’oreille. Enfin, pas tout le temps, disons. Un mémoire sur Rousseau qui plus est, colle encore moins à l’image champêtre susdécrite. Pourquoi? Parce que pleins de Grandes Têtes ont déjà labouré le sujet depuis des siècles, et ont fait fleurir cent fois mieux des idées cent fois plus intelligentes qui ne germeront jamais dans ton esprit d’étudiante en Lettres en fin de course (oui lecteur/trice, je t’identifie à moi, et ce sans scrupule aucun). Mais un mémoire sur Rousseau l’année des 300 ans de sa naissance, c’est carrément le pompon. Toute la diaspora intellectuelle a les yeux braqués sur l’avancée de ton mémoire. Je plaisante. Il y a déjà suffisamment d’activités rousseauisantes pour que quelqu’un en ait quelque chose à gratter, de ton travail de master. Y a peut-être juste ton grand-père qui te fait le gag hautement comique chaque fois qu’il te croise, soit: « Alors, c’est toujours l’amour avec le rouquin simplet? Roux-sot, hoho, merci papy.

Mais pourquoi? t’entends-je hurler, lecteur/trice horrifié/e. Pourquoi Rousseau, ce pleurnichard dont on s’est tous fadé les Confessions au collège? Et bien parce que Jean-Jacques et moi, c’est une longue histoire. Depuis la lecture de la Nouvelle Héloïse, je kiffe le scribe. Un max. Il me fait penser au mec pas très charismatique qui a vraiment quelque chose à dire, mais qui est ridiculisé par ses contemporains, parce que prendre au sérieux ce qu’il dit et agir en conséquence, c’est vraiment trop contraignant. Je pense à un écolo un peu militant, par exemple. On est tous d’accord sur le fait qu’il est urgent de changer ses habitudes, arrêter de bouffer autant de viande, de rouler en voiture, de prendre l’avion aussi souvent. Mais c’est plus nettement plus drôle de caricaturer le baba cool barbu, un sandwich au tofu bio dans le sac recyclable bien accroché au porte-bagage de son vélo vert. L’humain est désespérant. Jean-Jacques confirmera.

Je m’égare. Pourquoi ce blog? Qu’y trouvera-t-on? Premièrement, et au grand ouf de tout un chacun, il ne s’agira pas de résumer ici les pensées du Citoyen. La démarche est plus intime. Je compte vous tenir au courant de ma relation avec Jean-Jacques tout au long de mon mémoire. Il lui arrivera aussi d’intervenir sur ce blog. On pourra parfois s’interroger si ce qu’il dit d’outre-tombe a encore une résonance dans le monde d’aujourd’hui.

Que la trompette du jugement dernier sonne quand elle voudra, je viendrai, ce livre à la main, me présenter devant le souverain juge. Et oui, ceci était une citation, je le confesse en toute humilité.

A bientôt!

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